Breuil Munganga : « Pour moi, ce que fait l’ETJ c’est un travail noble »
Journaliste de renom en République démocratique du Congo, ancienne journaliste de Radio Okapi et présentatrice de la célèbre émission Dialogue entre congolais, et actuelle coordinatrice chargée des formations à l’ONG américaine Internews, Breuil Munganga a rejoint ce mois de juin la liste des formateurs à l’Ecole Technique de Journalisme.
Après un séminaire de 48 heures dispensé aux étudiants et les échanges avec eux, elle a donné son impression à jpddh.org et etjrdc.org par rapport à la formation offerte par l’ETJ ainsi que l’impact de cette école dans la formation de nouveaux journalistes.
Ces propos ont été recueillis par Justin Nkumbarhi
Jpddh.org : Breuil Munganga, bonjour
Breuil : Bonjour
Jpddh : Vous êtes formatrice et journaliste depuis plusieurs années. Quels sont les problèmes auxquels la presse du Sud Kivu fait face ?
Breuil : Dans beaucoup de médias de la ville, les maisons n’ont pas la politique de mobilisation des moyens financier pour le fonctionnement et même pour le payement du personnel. Donc, le grand problème est celui de management, de main d’œuvre non qualifiée car les responsables des maisons de presse ne savent pas prendre en charge ses journalistes.
ETJ: Quelles peuvent être les conséquences de cette situation.
Breuil : Ils recourent à une main d’œuvre non exigeante et sans aucune formation de base ce qui entache la qualité des services qu’ils rendent. Les maisons de médias devraient songer à la formation de leurs journalistes mais sans moyen, ils ne peuvent pas y arriver. Avec l’ETJ qui les aide, c’est déjà bien. C’est d’ailleurs une de mes appréciations chez l’ETJ qui aide ces responsables à former leurs journalistes gratuitement.
ETJ: Bien entendu, alors, qu’elle peut être votre appréciation par rapport à l’avènement de l’ETJ dans le paysage médiatique du sud Kivu ?
Breuil : Avec cette école, le paysage médiatique de la province va s’améliorer et la formation sur le tas va diminuer car avec l’ETJ on a des journalistes qui ont une base solide en journalisme.
ETJ : Peut-il y avoir une différence entre la formation que donne l’ETJ et celle que les journalistes reçoivent sur le tas dans les maisons de presse ?
Breuil : Bien sûr ! Quand ils seront dans la maison de presse, on ne commencera plus à zéro étant donné qu’ils ont déjà une base.
ETJ: Pensez-vous que l’ETJ fait un travail assidu pour participer au changement dans la manière dont les journalistes prestent quotidiennement dans la ville de Bukavu et même dans la province du Sud Kivu?
Breuil : Pour moi, ce que fait l’ETJ c’est un travail noble. Ca va aider. Seul les ingrats ne peuvent pas admirer le travail que vous faites mais à vraie dire dans la province il y a carence des maisons de formation. Il y a certaines institutions qui naissent dans le but de former les jeunes en journalisme. La difficulté est qu’elles sont chères et ce n’est pas n’importe qui peut y aller car il faut au moins 3 ans pour finir et pourtant à l’ETJ dans 6 mois la formation est finie et on a un journaliste qui maitrise la pratique et un peu de théorie.
ETJ : Vous avez été avec les étudiants de l’ETJ, durant 48 heures pour un séminaire, quelle a été votre impression par rapport à leur participation aux échanges ?
Breuil : Ces jeunes m’ont épaté. J’ai senti qu’ils avaient du potentiel en eux. J’ai eu l’impression d’être en face des étudiants qui maitrisent la matière et sûres d’eux-mêmes avec les échanges que j’ai eu avec eux. Ce qui prouve qu’ils ont suivi bien le cours avec assiduité.
ETJ : Pensez-vous que les activités de l’ETJ peuvent être pérennes vu le milieu médiatique dans lequel elle fonctionne ?
Breuil : Je suis certaine car les gens comprendront avec le temps que l’ETJ supplée la carence en formation des journalistes. Toutefois il reste beaucoup à faire mais ensemble nous pouvons y arriver. Coup de chapeau, l’avenir de la RDC est dans les mains de cette jeunesse que vous formez.
ETJ: Breuil Munganga, merci.
Breuil : C’est moi qui vous remercie.
Toutes mes félicitations à l’ETJ pour la qualité de sa formation. Je suis fier de cette école
Super, bon boulot et courage, les amis.